Un colloque a été organisé en janvier dernier au Sénat (Palais du Luxembourg) au sujet des pratiques de santé non conventionnelles : comment les sécuriser, dans l’intérêt des usagers comme des professionnels de santé ? Cette thématique nous concerne tous, usagers et praticiens. Deux sénatrices s’investissent particulièrement pour faire avancer ce dossier. Retour sur cet évènement d’importance auquel ont participé de nombreux praticiens de santé, conventionnelle et non conventionnelle.
Pratiques non conventionnelles : des soins complémentaires pour le mieux-être des patients
Les Français ont de plus en plus souvent recours aux pratiques de santé complémentaires. Mais ils n’osent pas toujours le dire à leurs médecins ou autres soignants. Ils plébiscitent ces outils pour améliorer leur bien-être et parfois les aider à mieux tolérer certains traitements conventionnels incontournables.

Refuser de voir ce mouvement ne peut qu’augmenter les risques et dommages liés à des pratiques non cadrées. Et, pour autant, considérer que « la sécurité n’est pas une barrière, mais un socle » doit aussi être entendu des praticiens de soins complémentaires, ce que réclament d’ailleurs nombre d’entre eux.
Le chemin peut sembler encore long pour se voir proposer des parcours coordonnés officiels, comprenant des soins conventionnels et non conventionnels. Pourtant de nombreux établissements en France proposent déjà de conjuguer ces deux approches au bénéfice des patients et des soignants.
Soins non conventionnels : comment sécuriser les pratiques ?
Au regard des avancées observées ces dernières années, il semble important aujourd’hui de se fixer une « feuille de route ». Voici quelques axes de travail à mettre en œuvre :
- Privilégier une évaluation des parcours de soin dans leur globalité.
- Organiser ce processus dans un cadre sécure. Entre autre, pour certaines pathologies lourdes et complexes. Idéalement dans des établissements de soins, ou bien en ville à l’aide d’instances comme les CPTS (Communautés Professionnelles Territoriales de Santé). Ceci afin de contribuer à mettre aussi en place des parcours coordonnées sécurisés en ville.

- S’inspirer d’approches pragmatiques de la réduction des risques et des dommages déjà en place pour certaines disciplines, à partir de l’exemple de l’addictologie.
- Modéliser ces parcours pour les rendre reproductibles et pérennes.
- Envisager une réflexion constructive sur un socle de connaissances qui pourrait être commun aux différents organismes/parcours de formations à ces pratiques.
A cet effet, désamorcer les conflits et mieux communiquer les uns avec les autres est nécessaire. La médecine conventionnelle a tout à y gagner. Les patients le réclament, certains soignants également. A ces derniers de s’en emparer pour sécuriser les pratiques et éviter les dérives.
Cadrer ces pratiques non conventionnelles et les proposer au plus grand nombre doit relever d’une politique de santé. A chacun d’alerter ses élus sur ce sujet dans les territoires. Il est important de leur demander de contribuer à la réflexion à engager à ce propos.
Pratiques de soins non conventionnels : le rôle de pouvoirs publics
La mise en place et le développement de la médecine intégrative – et de la pharmacie intégrative – est bien l’affaire de tous : praticiens des médecines conventionnelles et non conventionnelles, usagers et pouvoirs publics.
